mardi 14 septembre 2010

LA TECHNIQUE DE PRODUCTION AGRICOLE PAR LE ZAÏ COMME UNE ALTERNATIVE AUX MAUVAIS RENDEMENTS AGRICOLES

Face aux famines récurrentes qui menacent les populations de certains villages, la nécessité de trouver une solution pour juguler la crise s’impose. Cette préoccupation animait les débats lors des Assemblées Générales de l’Association Kaab- Noogo des ressortissants du village de Kangaré (Région du centre nord, commune rurale de Rollo) à Ouagadougou. 


(ci- dessus une assemblée générale de Kaab- Noogo pour débattre des solutions aux problème de développement du village de Kangaré).
Parmi les solutions explorées, l’utilisation de la technique du zaï comme méthode de production agricole, apparait comme une alternative aux mauvais rendements. L’idée fut adoptée à l’unanimité des membres de l’association qui a instruit le Bureau exécutif d’élaborer un projet d’ « appui à la production agricole à Kangaré ».
L’idée de ce projet fut bien accueillie par les agriculteurs du village. Ce projet a été également encouragé par le Maire de la commune rurale de Rollo et a acquis l’appui moral et financier de LACIM Clermont Ferrand Champfleuri qui a une grande expérience de ce genre de projet au MALI.


(ci- dessus, Jacques FONTAINE un représentant de LACIM en concertation exclusive avec le Maire de la commune de Rollo sa Majesté Naba Kiougou, sur les problèmes et les projets de développement de la commune et de ses villages en particulier)

Le projet d’ « appui à la production agricole à Kangaré » consiste à appuyer 40 agriculteurs à la réalisation de 40 hectares de zaï à leur profit, en raison d’un hectare par agriculteur. Vu l’effort à fournir pour la réalisation de trous de zaï par hectare (12 000 à 15 000 trous), une enveloppe financière est consacrée à l’emploi temporaire de 30 jeunes pour la réalisation des trous. Les bénéficiaires du projet ont pris l’engagement d’employer à nouveau ces jeunes pour les campagnes agricoles à venir et pour l’extension de leurs champs. Afin que les agriculteurs puissent réussir le pari de ce projet qui est d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, une formations en technique de production zaï et en production de composte leur a été dispensé en collaboration avec la Fédération Nationale des Groupements Naam de Séguénéga (FNGN). Chaque producteur a reçu du petit matériel de production (brouette, râteau, pelle, fourche, pioche, gant….). 
Dès le mois de mai 2010 les trous de zaï sont prêts pour accueillir la fumure (le composte) qui, parallèlement était en production.

(ci-dessus, image d’une portion d’un champ de production agricole par la technique du Zaï (aperçu des trous du Zaï)

(ci- dessus un des producteurs bénéficiaire du projet vidant du composte de sa fosse fumière pour l’emmener dans son champ.)
Cependant jusqu’au mois de juillet 2010, les pluies se sont faites rares au village. L’inquiétude était à son comble lorsque le 1O juillet, une importante pluie s’abattait sur la région sonnant ainsi la fin de la longue saison sèche, pour marquer le début de l’hivernage tant attendu par les agriculteurs.
L’heure est au labour et aux semis des champs :
-Labour attelé des champs pour ceux qui possèdent soit une paire de bœuf ou un âne. Cette technique s’applique sur les champs où le zaï n’est pas pratiqué. Pour appliquer efficacement le composte sur ces champs, il faut d’abord le rependre sur l’air du champ juste avant de labourer.
Il faut ensuite semer et pour cela, le système de semi en lignes droites est enseigné et recommandé aux producteurs. Ce système permet une meilleure aération des plants de mil et permet une bonne croissance de ces derniers.
-Sur les champs de zaï, on passe directement au semi. Pas besoin de labour. Les trous du zaï sont creusés en lignes droites. Ils sont ensuite remplis de la fumure (composte) à moitié (deux poignets de composte dans chaque trou).
Ce système a l’avantage l’utilisation rationnelle du composte :
-l’utilisation d’une petite quantité de composte pour une grande surface ;
-la fumure est concentrée seulement autour du pied des plants de mil et ne risque pas d’être emportée par l’eau de ruissellement ;
-l’humidité est conservée longtemps au pied du plant ;
- une croissance rapide des plants.

Aperçu du champ de sorgho d’un bénéficiaire du projet zaï : une application de la technique du zaï
(Image prise le 29- 07-2010, seulement 17 jours après son semi)
 Ce champ est prêt pour un désherbage et au démariage. Ce qui  fut fait dans un meilleur délai et les plants de sorgho poursuivent leur croissance normale.

Ci- dessus, présentation du champ au 8 aout 2010 après l’application du désherbage et du démariage. L’âge des plants est de 27 jours.

La campagne agricole bien que débuté tardivement dans certaines régions, enregistre une pluviométrie acceptable dans son ensemble. Du 10 juillet au 10 septembre aucune poche de sècheresse n’est signalée. Les pluies sont abondantes et on enregistre même quelques champs inondés dans les zones de bas fond.

Jusque là les champs en zaï généralement conseillés sur des terrains non inondables, présentent des motifs de satisfaction et nourrissent les producteurs l’espoir d’une bonne récolte.

Images de champs en zaï au 20 août 2010, 39 jours après les semis

Les 40 bénéficiaires du projet zaï ne cachent pas leur joie même si cela est encore trop tôt pour crier victoire.

QUEL IMPACT SENSIBLE DE CE PROJET SUR LES AGRICULTEURS DU VILLAGE DE KANGARE POUVONS-NOUS DEJA TIRER ?
·         Le changement de comportement de production qui se manifeste par :
  •           L’utilisation du composte dans les champs. Il faut noter que les agriculteurs de kangaré ont découvert profondément une solution de la fertilisation de leurs champs par l’utilisation de matériaux biodégradables de leur environnement immédiat (excréments d’animaux, tiges, paille). Cette nouvelle donne contribue à l’amélioration de l’hygiène dans les familles (les cours sont balayées et les saletés jetées dans la compostière pour la production de la fumure).
  •             L’utilisation de la technique du zaï a contribué à la réduction des surfaces cultivables pour se concentrer sur des surfaces plus raisonnables. Cela permettra l’intensification de la production qui permet non seulement un meilleur traitement des plants, mais aussi de réduire l’effort physique déployé pour les travaux champêtres. L’utilisation de cette technique garantie de rendements meilleurs préserve relativement l’environnement (réduction des défrichements).
  •           L’emploi rémunéré des jeunes pour la réalisation des trous du zaï a permis de résoudre un temps soit peu le problème de chômage en saison sèche dans village.

L’un des impacts majeur de la mise en œuvre de ce projet est l’effet d’IMITATION  quelle a engendré.
Beaucoup d’agriculteurs du village non bénéficiaires du projet se sont aussi parallèlement mis en besogne. Leur souhait, c’est de bénéficier d’un appui similaire car tous sont convaincus de l’efficacité et des retombées en matière de production agricole.

1 commentaire:

Blog solidarite FSM 2011 a dit…

Bonjour,

Dans le cadre du blog "La valorisation des céréales en Afrique de l'Ouest" (adresse url : http://solidaritefsm2011.blogspot.fr/) crée et géré par des bénévoles de l'association SOLIDARITE (www.solidarite.asso.fr/), nous écrivons une série d'articles sur la technique du zaï.
Pour notre prochain artcile à paraître dans quelques jours sur le blog, nous nous permettons d'utiliser vos photo pour illustrer l'article.Nous insérerons bien-sûr le nom de votre blog en tant que propriétaire des photos. Si vous souhaitez que nous le retirions n'hésitez pas à nous faire part de votre réclamation à solidarite.fsm2011@gmail.com ou à jimmy.hermann@gmail.com.
Enfin, pour votre information, nous donnerons à la fin de l'article les liens vers vos intéressants articles sur cette technique. Bien cordialement.